Archives de la catégorie L’employée en moi

Comme 99,9% des graphistes, le perfectionnisme me coule dans les veines. C’est pourquoi j’ai un peu honte d’avouer qu’il est plutôt rare de me voir entièrement satisfaite de ce que je produis. Dans le cadre de mon travail, je suis régulièrement confrontée à des clients tortionnaires pour qui le logo n’est jamais assez gros ou qui croient qu’un pixel est un animal domestique. Fort heureusement pour ma santé mentale, certains projets se déroulent à merveille, et le magazine interne de la firme pour laquelle je travaille est l’un d’eux:

 

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Ça y est, la saison des Fêtes vient officiellement de me rentrer dedans. La raison? Je nage en plein délire de cartes de Noël. Lorsque nous avons eu à créer notre première carte il y a quelques années, Gen et moi débordions d’enthousiasme. On voyait à la base ce projet comme une occasion idéale d’enfin sortir des habituelles commandes au look corporatif, mais avec l’expérience je peux vous affirmer que ça vire toujours en cauchemar apocalyptique. C’est le seul projet où il est absolument impossible de faire consensus et qui génère les commentaires les plus violents, car les références culturelles de chacun sur le temps des Fêtes varient énormément. Dans ce contexte, j’essaie de créer quelque chose qui me plaît (et qui plaît à mes patrons) d’abord, et tant pis pour les rabat-joie. En plus, cette année l’illustration sur laquelle je travaille est en parfaite harmonie avec le déluge de flocons qui sévit depuis deux jours.

Vous voulez aussi voir ce que l’on a pondu l’an dernier? Ça se trouve ici.

Actuellement au bureau je travaille déjà à mettre en page des calendriers pour la prochaine année. Plutôt déprimant d’y penser alors que l’été vient à peine de se terminer, non? Malheureusement ce n’est pas sur ce projet que je pourrai faire exploser ma créativité alors que j’aimerais bien pouvoir proposer des modèles aussi ludiques que ceux-ci:


Via Govango


Il y a longtemps que je ne me suis pas confessée dans les interwebs. Alors voici mon aveu: j’aime les français. Vous pouvez même tous les mettre dans le même panier: hommes, femmes, gros, laids ou moustachus, vous venez de France, alors je vous aime. Ce qui me fait craquer? Leur humour, leur allure, leur accent, même leur côté chiant mais surtout : leurs expressions. Vous voulez me faire rire comme une baleine? Venez me parler. Votre discours à lui seul vaut bien des spectacles de Louis-José Houde. Pour votre bon plaisir, j’ai ici une liste non-exhaustive d’expressions lancées par la French Connection du bureau qui ont fort bien dilaté ma rate :

  • avoir la gniaque/avoir la pêche (être en forme)
  • ça craint (c’est louche)
  • se faire entuber (se faire avoir)
  • avoir les dents du fond qui baignent (avoir trop mangé)
  • ça va chier des bulles (ça va barder)
  • être rond comme une queue de pelle (être saoul)
  • avoir le feu au lac (être pressé)
  • être fêlé du bocal (être stupide)
  • c’est la fin des haricots (c’est la catastrophe)
  • pleuvoir comme vache qui pisse (pleuvoir à boire debout)
  • avoir la pétoche (avoir peur)
  • faut pas pousser mémé dans les orties (il ne faut pas abuser)

S’il y a une chose qui d’année en année revient avec le printemps, c’est bien la production du rapport annuel de la firme pour laquelle je travaille. Bien que j’en suis (déjà) à ma troisième édition, cette fois-ci quelque chose a changé. J’ai lu la section financière. Tous les graphistes qui ont eu à travailler sur un rapport annuel connaissent les crampes au pouce et à l’index causées par une overdose de copy-paste de charabia et de chiffres qui doivent o-bli-ga-toirement être alignés à la virrrguuuuuule (excusez ma rage refoulée). Donc, ce qui m’a fasciné dans cette lecture, ce n’est pas de découvrir à combien s’élèvent les liquidités et ressources en capital pour la période du 25 mai au 31 décembre, que non. Ce sont les quelques expressions qui, une fois sorties de leur contexte, me semblent fort étranges. Par exemple:

  • Le porteur de parts sans contrôle
  • Le post-pape
  • La croissance organique
  • Les parts diluées
  • Les parts subordonnées
  • Les immobilisations corporelles
  • Les flux de trésorerie
  • Les créances douteuses
  • Les capitaux propres

(J’aime particulièrement le dernier. Quelqu’un a déjà lavé des capitaux sales?)